La marée… En 2001

Galerie

Cette galerie contient 14 photos.

Quelle belle sensation que de retrouver des vieilles photos. Toujours affairé à sauvegarder mes archives sur mon NAS, je suis tombé sur cette série de photos de 2001. Il y a 16 ans, j’étais allé faire la marée. La marée, … Lire la suite

Quelques trucs sur le workflow

Pour commencer

Le workflow  – flux de travail – est au photographe ce que les arpèges sont au pianiste : indispensables, fastidieux et répétitifs. Pourtant, cette étape est indispensable dans le processus de photographie, qu’il soit professionnel ou amateur. J’ai déja rencontré des photographes qui négligeaient cette étape. Je me demande bien pourquoi. Sur ce blog, qui d’ailleurs, est le mien, mais quelle coincïdence, je vais expliquer pourquoi celle-ci est indispensable et utile.  Et quel process je suis.  Lire la suite

C’est magique. Ou pas.

En allant fouiner sur Internet, j’ai trouvé un site incroyable : Algorithmia. Plutôt que d’essayer de vous l’expliquer, autant vous en faire la démonstration… Lire la suite

Un moment de grâce

J’ai la chance d’être le photographe de Paradis Blanc, une marque de vêtements créée par Victoire et Angélique, deux soeurs créatives, passionnées d’élégance ethnique, thème qui est à la base de leurs collections.

Pour elles, j’avais fait cette photo :

Paradis Blanc à Bali

J’aime bien. D’abord, parce que Philippine comprend ce que j’attends d’elle. Ensuite, parce que le cadre, l’eau qui semble caresser son visage, la couleur chatoyante du vêtement se mélangent pour donner ce joli moment gracieux.

Notre petite équipe avait fait escale aux chutes de GitGit. J’ai sorti mon fidèle 50mm. Pour les plus techniciens d’entre vous, je suis à 100 iso, ouverture f4 et vitesse 1/8s. Ici, la vitesse est particulièrement décisive pour donner un effet de douceur à l’eau.

Quelques minutes plus tard, j’ai photographié Philippine dans un autre endroit des chutes.

Paradis Blanc à Bali

Même principes d’ouverture et de vitesse. Cette fois, Philippine n’a pas bougé, donnant le temps à la lumière naturelle d’arriver sur son joli visage.

C’est tout. Le reste n’est que mise en scène.

Si la série « Paradis Blanc » vous interesse, vous la trouverez sur ce lien :

Paradis Blanc, by monsieur Vautier

I love you. All of you. And Lulu.

 

Yolande, ou la nostalgie magique des archives

Cloué par madame Saloperie de Grippe, et grâce à la magie pratique d’un NAS – si vous ne savez pas ce que c’est, ce n’est pas grave – je suis tombé sur cette photo de 2003. 

Yolande.

Évidemment, cela n’évoquera rien pour n’importe lequel d’entre vous. Mais si vous connaissiez Maisonneuve, ce tout petit village perdu dans le sud de l’Ardèche, à la limite du Gard, vous auriez un sourire nostalgique et chuchoteriez : – « Yolande… »
C’est en rendre visite à son meilleur ami de l’époque que mon grand-père tomba amoureux de ce coin sauvage. Ma grand-mère, si elle approuva la décision, ne la partagea pas forcément. Il lui fallait du macadam sous les talons. Pas des bouses de vache disséminées sur des chemins poussiéreux de rocaille. Jacques – mon grand-père – acheta la maison familiale dans les années 60, à l’époque où ce coin paumé de France vivait toujours au rythme de la traie des vaches et des fromages de chèvre. La terre était dure et sèche, comme ses habitants. Aller là-bas était un véritable voyage de plusieurs longues heures. En 1969, année de mes premières vacances à Maisonneuve, un seul habitant possédait le téléphone. Quand mon père appelait pour savoir comment je me portais, il lui fallait rappeler une heure après, le temps qu’on arrive. 

Yolande tenait l’épicerie du village. Tout le monde s’y retrouvait parce qu’avec le tabac de Gaston, c’était le seul endroit où le village aimait à se retrouver et causer. Ma sœur et moi adorions y aller pour les surprises étalées à côté de la caisse de l’épicière. Plus tard, ces cadeaux de pacotille emballées laisseront la place aux Chupa Chups qui, elles, resteront jusqu’à la fin. 

Pendant près de 40 ans, Yolande a tenu son épicerie, plantée derrière son comptoir, a nous demander ce que l’on voulait. Je n’ai pas oublié sa voix, puissante et matinée d’un bel accent ardéchois. Malgré l’arrivée des centres commerciaux, l’ouverture des ardéchois aux vacanciers d’abord et aux touristes ensuite, elle est restée fidèle à son poste. Certes, les prix y étaient plus chers qu’ailleurs. Mais le goût de la viande que Yolande vendait, pardon, ce n’était pas rien. L’ambiance était familiale et chaleureuse. On ne payait jamais chez cette femme. Elle notait scrupuleusement les factures de tout le monde sur un gros carnet noir. À la fin de chaque mois, chacun payait son dû. 

Yolande et son livre de comptes.

La commerçante et son épicerie ont traversé mon enfance, mon adolescence et mes premières années d’adulte. Même mes quatre gamins ont connu Yolande. Elle faisait partie de ce quotidien magique dont on se souvient avec nostalgie et tendresse. 
Un jour, Yolande a pris sa retraite. Elle a fermé l’épicerie et est rentrée chez elle. Il a fallu changer ses habitudes, aller au centre commercial, tellement fade à côté du bonjour rocailleux de Yolande. 

Une page s’est tournée. C’est la vie. L’épicerie est toujours là, avec ses rayons vides, nous invitant à la réouvrir. 

L’épicerie de Yolande


Finalement, Yolande est morte, de je ne sais quelle maladie. La dernière fois que je suis allé à Maisonneuve, j’ai remarqué que l’enseigne avait été retirée. Il n’y a plus marqué « Boucherie Charcuterie Alimentation« . Effacé. Terminé. Je n’achèterai plus jamais de Chupa Chups ni pour moi, ni pour les enfants. 

Les jours passent, je demeure, pour reprendre les mots de Pierre Bergé. Les jours passent, ils emmènent un peu plus de nos vies d’autrefois. 

Plus ça passe, plus ça fait mal. 

I love you. All of you. And Lulu. 

Ah, Florence…

Plus je vieillis, plus j’ai envie de voyager. Et plus je voyage, plus j’apprécie l’Italie. J’ai aimé la douceur romaine, j’ai découvert la Magie de Venise. J’ai été gourmand de Florence. D’abord, on y mange (tellement) bien. Les habitants sont souriants, s’amusent gentiment des touristes que nous sommes et ne demandent qu’à nous aider. On se promène dans la cité Toscane tranquillement, en essayant de ne rien louper du spectacle offert. Quand une rue se dévoile, je me demande comment je vais pouvoir la photographier. Sur ce cliché, le Duomo se révèle, magnifique, s’imposant de lui-même. Il est mon pont de repère, le pont cardinal d’une boussole imaginaire. 

Je ne peux pas me perdre, semble-t-il dire. Tant pis, je m’égarerai de toutes manières. Je prends la photo. Et je continue mon chemin. 

I love you. All of you. And Lulu.