Dans le train

– » Ça devient insupportable ! »

Elle n’a pas tort, cette dame. Même si le ton est un peu fort, la passagère du train Paris-La Rochelle dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas : il y en a marre.

L’aller en TGV pour la Rochelle coûte 66 euros. C’est cher. Le voyage est garanti et depuis peu, des promesses sont faites, stipulant que les trains seront à l’heure. C’est Guillaume Pepy, le grand chef des trains, qui l’avait proclamé à la télévision.

L’effort, pour être louable, méritait d’être signalé. Mais la vérité quotidienne efface ce mirage de promesses : le train n’arrive pas souvent à l’heure. J’en veux pour preuve l’annonce effectuée par le contrôleur au bout de dix minutes de trajet : « mesdames et messieurs, un incident d’aiguille sur Massy retarde notre train de trente minutes. »

Certes, la SNCF communique. Mais de savoir qu’une aiguille mal entretenue, faute de budgets, est la coupable me laisse totalement indifférent. Quid de nos correspondances ? De cela, pas un mot. Rien. Nous ne demandons pas au contrôleur de suer sang et eau pour confirmer des horaires. Ce qu’il fait, pourtant. Mais dans son discours d’annonce, ne peut-il pas rassurer les passagers que le maximum sera fait pour garantir les correspondances ?

Peut-on se préoccuper des passagers ?

Voilà pourquoi cette petite dame blonde, aux cheveux courts et aux lunettes de femme d’église, lève les mains au ciel.

-« nous subissons sans arrêt, nous ne sommes jamais informés. Nous ne pouvons nous organiser. C’est insupportable. »

Il y a quelques jours, les TGV Atlantique ont eu jusqu’à quatre heures de retard suite à l’explosion d’un caténaire. Rien n’est fait pour les passagers. Si ce n’est réquisitionner des taxis – 300 au total – pour permettre aux infortunés de rentrer chez eux.

Le retard est récurrent sur les TGV atlantiques. Sur dix fois, je vais arriver quatre fois dans la capitale en retard. À chaque fois, nous sommes mal remboursés – quand nous le sommes – et avec beaucoup de retard. Jusqu’à deux ou trois mois. Ce qui est proprement scandaleux. Nous, les billets, nous les payons tout de suite. À partir de là, nous passons un contrat avec la SNCF. Nous ne sommes plus des voyageurs, nous sommes devenus des clients. Le problème, c’est que ce contrat n’est jamais respecté. Pourtant, pendant les grandes grèves, les syndicats nous parlent de la sécurité ou du confort du client. Je veux bien mais dans tous les cas, nous seuls, sommes à chaque fois pris en otage sans que pour autant, nos billets ne nous soient remboursés intégralement.

Ce qui ne m’empêchera pas de photographier mon voisin de banquette, en pleine concentration juste avant la fameuse annonce.

20120531-151009.jpg

L’homme écoutera le court message du contrôleur, observera, impassible, la conversation animée entre la râleuse et le contrôleur.

Et se rendormira.

Finalement, la vie est si simple.

Et moi, est ce que mon bus attendra ?

I love you. All of you. And Lulu.

Pas de raisons que ça s’arrête, hein ?

J’avais failli oublier cette délicieuse tendance à photographier les gens dans le train. Parce que mon camarade Merri se trompe de route, je suis dans le TGV Metz Paris… Je vous raconterai ça quand il le faudra.

Devant moi, un jeune. Il a sorti un livre au titre plutôt évocateur : le capitaine Hornblower. Je devine un jeune homme aventurier et débordant de courage. Sa femme – ils portent la même alliance – joue avec son smart phone tactile.

Cinq minutes plus tard, ils dorment.

 

I love you. All of you. And Lulu

 

Tiens, tiens…

Vidéo

 

La première bande annonce de James Bond, longtemps mon modèle impossible. Réalisé par Sam Mendes, à qui on doit American Beauty et le très beau Les sentiers de la Perdition – dernier film de Paul Newman, j’espère juste qu’il rattrapera le catastrophique Quantum or Solace, sombre m… à la mise en scène tellement nerveuse qu’elle réussit à me filer la migraine.

On verra bien, hein ?

I love you. All of you. And Lulu

 

Tous les mêmes

Il s’appelle David.
Tout le monde le connaît. C’est le journaliste de France 2 qui est tombé de moto, percuté par une voiture, le soir de l’élection du nouveau président de la république.

Très vite, les journalistes commentateurs ont rassuré l’opinion publique, disant que la victime ne souffrait d’aucun traumatisme. Je les soupçonne d’avoir obéi à une consigne de la direction générale du service public. Ne pas faire de vagues, c’est le nouveau président etc…

Seulement, cela ne semble pas vrai. Le journaliste souffre de fractures et d’une nécrose à l’os. Tu parles qu’il va bien. Le plus dramatique, c’est que la police, malgré des demandes insistantes et répétées, n’obtient aucune image de France Télévision. Images qui aideraient à déterminer l’identité de la voiture : faisait-elle partie du cortège présidentiel ? Ou appartenait-elle à la police ?

Pour un président qui veut des ministres irréprochables et exige une transparence totale, c’est plutôt mal barré. Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif – C’est quoi ? – est déjà condamné pour injures (plutôt justifiées) et reste en place. Et France Télévisions, service PUBLIC, ne respecte pas la loi.

Ah, les belles promesses déjà enterrées. Ils veulent que nous allions voter, que nous soyons des citoyens. Mais si nous devons les respecter, peut-être pourrait-il nous montrer l’exemple, président compris… À savoir nous respecter.

I love you. All of you. And Lulu.

Souvenirs, souvenirs…

Vidéo

En 1994, c’est vous dire que c’est jeune, Merri et votre serviteur avions écrit un sketch : les copains d’avant. Nous l’avions joué chez Bouvard, au Pied à l’Etrier, avec Xavier Letourneur et Didier Caron.

Le pitch est basique : dix ans après, des potes se retrouvent. Les choses ont changé, ils ne sont plus les mêmes : thème éternel qui nous avait amusé. Nous l’avons beaucoup joué. Un peu partout, poussant la chose jusqu’à appeler notre quatuor Les Meilleurs. Si ce n’est pas modeste, ça…

Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis. Le groupe n’existe plus et nos chemins ne se sont depuis guère croisés, sauf avec Merri, avec et grâce à qui je remonte sur scène.

Mais le sketch existe encore grâce à une vidéo tournée pour le regretté Carré Blanc. Merri me l’a envoyée. Je suis heureux de vous la montrer. le son n’est pas numérique, quinze ans se sont passés. Et Philippe Urbain a remplacé Didier Caron, indisponible pour le tournage.

C’est pour vous, cadeau. Ne me remerciez pas, je vous en prie, vous allez me faire rougir. De toutes manières, c’est à Merri que reviennent les honneurs, ne pensez-vous pas ?

 

I love you. All of you. And Lulu.

 

Last of kin

Yes ! J’en ai vu un !

Beaucoup de gens me l’ont répété : ils ne sont plus là, nous sommes dans un monde moderne. Ils n’ont plus leur place dans cette société.

Pourtant, j’en ai croisé un. Je l’ai regardé. J’ai souri. Il fait son travail et se moque bien de savoir dans quelle époque nous nous situons. Il a du boulot, lui, et pas n’importe lequel.

Je l’ai photographié, tout heureux de voir un rescapé. Il ne m’a rien dit. Il ne me juge pas, il bosse.

20120524-120503.jpg

I love you. All of you. And Lulu.

La belle histoire que voilà…

Ah, mes chers amis lecteurs, je sais, je sais, ça va faire longtemps que je ne vous ai pas parlé.

Mais que se passe-t-il ? Me demanderez-vous. Des problèmes ? Des soucis ? On peut peut être t’aider. Allons, allons, pourquoi tant d’empressement à s’inquiéter ? Si la situation est préoccupante, elle n’est pas désespérée.

La vérité est que je n’avais pas grand chose, voire rien, à raconter. C’est bête, non ? Comme je n’ai aucune obligation de résultat, je ne me suis pas senti obligé d’écrire. Le jour où ce blog me donnera un salaire de ministre, je vous le jure, les choses changeront.

Vous ne le savez peut-être pas mais l’inspiration n’est pas connue pour être régulière. Par exemple, vous parler de François Hollande accédant à la charge suprême, d’autres le font tellement mieux que moi. Ca me gonfle, aussi…

Mais ce matin, en prenant le train, une amie m’a raconté une histoire somme toute, rigolote. Mes chers amis lecteurs, je connais tellement bien votre curiosité légendaire. Je vais donc vous la raconter. Ah ! Cette gentillesse me perdra…

Lire la suite