La belle histoire que voilà…

Ah, mes chers amis lecteurs, je sais, je sais, ça va faire longtemps que je ne vous ai pas parlé.

Mais que se passe-t-il ? Me demanderez-vous. Des problèmes ? Des soucis ? On peut peut être t’aider. Allons, allons, pourquoi tant d’empressement à s’inquiéter ? Si la situation est préoccupante, elle n’est pas désespérée.

La vérité est que je n’avais pas grand chose, voire rien, à raconter. C’est bête, non ? Comme je n’ai aucune obligation de résultat, je ne me suis pas senti obligé d’écrire. Le jour où ce blog me donnera un salaire de ministre, je vous le jure, les choses changeront.

Vous ne le savez peut-être pas mais l’inspiration n’est pas connue pour être régulière. Par exemple, vous parler de François Hollande accédant à la charge suprême, d’autres le font tellement mieux que moi. Ca me gonfle, aussi…

Mais ce matin, en prenant le train, une amie m’a raconté une histoire somme toute, rigolote. Mes chers amis lecteurs, je connais tellement bien votre curiosité légendaire. Je vais donc vous la raconter. Ah ! Cette gentillesse me perdra…

Une amie – dont je vous tairais le nom pour des raisons de discrétion que vous comprendrez plus tard – me racontait être allé chez Chanel, comme ça, tranquille, presque par hasard. Le hasard faisant toujours bien les choses, son mari l’accompagne.

Une fois dans la jolie boutique, le couple est pris en charge par une vendeuse qui les emmène rapidement dans un salon privé, à l’ambiance feutrée et élégante. Nos amis se font offrir le café et le petit chocolat.

À la question : -« Qu’aimeriez vous voir ? », mon amie répond par un simple : -« Les bagues ».

C’est un fait. La bague est universelle. Certaines femmes ne portent pas de bracelets ou de boucles d’oreille. Mais les bagues, voyez-vous, toutes ces dames en portent une. La jeune et jolie vendeuse, ainsi me l’a décrit ma camarade, ramène un joli caisson de bois, contenant des bagues toutes plus jolies les unes que les autres.

Au point où on en est, insiste Catherine – ce n’est pas son vrai nom, bien sûr – autant essayer les bagues, non ? Et allez, pourquoi avoir de la gêne quand il y a le plaisir ? Franchement, je vous le demande.

Catherine essaye les bagues mais très vite, son choix se porte sur deux « magnifiques« , presque semblables sauf sur la taille. Une moyenne et une petite, voilà comment Catherine me les décrit. Elle demande les prix. Oserais-je vous le rappeler, mais dans de tels magasins dont le luxe est la raison d’être, les prix ne sont jamais affichés. Je vous prie, ne soyons pas vulgaires, ne parlons pas d’argent, laissons cela aux gens.

La jeune et jolie vendeuse – je sais, je sais, j’insiste mais constatez que dans ces mêmes boutiques, les vendeuses sont rarement des boudins – sourit et part demander les prix à sa direction.

« – Un quart d’heure ! Insiste Catherine. Elle nous a laissé un quart d’heure. Elle nous a offert un autre café avec des petis chocolats mais elle est partie un quart d’heure ! »

Pas folle, la guêpe. Autant laisser le couple saliver, que dis-je, baver sur les deux bagues… Réfléchir, se dire qu’après tout, pourquoi pas ? Certes, c’est peut-être folie mais ne vit-on pas qu’une fois…

La vendeuse revient. La bague moyenne, c’est 7600 euros. Catherine hésite. Et pourquoi ? Son mari a un budget de 5000 euros. Décidément, le hasard, quand il organise la fête à la dépense, ne recule devant rien… Ma petite camarade regarde la petite bague, la désigne du doigt.

« – Et celle-là ? »

Certes, m’avoue-t-elle, elle est plus petite, mais elle est si jolie, elle va tellement bien à mon doigt que ce serait dommage de ne pas demander le prix. Parce que quand on a 5000 euros de budget, même chez Chanel, on a le droit de réfléchir.

La vendeuse sourit, compréhensive.

« – Elle coûte 4600 euros. »

Voilà qui est mieux. Le budget est respecté. Le couple se sourit. Une belle bague au doigt pour elle, une belle carte bleue pour lui, tout va bien dans le meilleur des mondes.

Moi, j’ai juste cette petite pensée : Crise ? Mais quelle crise ?

Catherine fait signe à la vendeuse que tout est ok, l’achat va se faire. La jeune femme part, laissant le couple, seul, savourer son nouveau bonheur. Ah, j’imagine la joie d’un homme, faisant un achat de 5000 euros pour sa femme, et s’imaginant déjà faisant reculer les barrières du plaisir pour frôler l’interdit… Ca va ? Vous me suivez ?

Catherine voit son doigt briller de mille feux et de mille éclats grâce à cette bague – petite, certes, mais si belle – et sourit en devinant la tête de ses amies à la prochaine soirée mondaine, la pressant de toutes sortes de questions et autres commentaires : Mais qu’elle est belle ! C’est ton mari ? Mais il est fou ! Il est génial, ce n’est pas le mien qui m’achèterait une bague Chanel…

Avec Chanel, la vie est si belle.

La vendeuse entre dans le petit salon feutré, une petite moue sur ses lèvres. Catherine et son mari ne voient rien, toujours plongés dans leur nouveau bonheur.

« – Excusez-moi, commence la jeune femme, mais j’ai fait une petite erreur sur les prix. »

Notre beau couple se fige. Quoi ? Comment ? Hein ?

« – Cette bague – elle montre la moyenne – vaut 100000 euros. Et la petite coûte 80000 euros. »

Petite erreur ? Si Chanel fait des petites erreurs de ce calibre, je leur conseille de vérifier leurs livres comptables de toute urgence.

Pour Catherine et son mari, c’est la fin des haricots. Le rêve est brisé, le doigt ne sera pas magique et les plaisirs interdits ne seront pas évoqués. Au mieux, la carte bleue est épargnée. De toutes façons, conclut Catherine, nous n’avons pas payé les travaux de la maison. Adieu, veaux, vaches et cochons…

Une chose est sûre. Quand Lulu va lire mon papier, elle va certainement me souffler sa taille de doigt. Du 52, au demeurant.

Sait-on jamais, des fois que je passe devant la boutique Chanel.

Les yeux ailleurs, Catherine lâche un dernier commentaire :

« – Autant aller chez Svaroski, ils font les mêmes pour cent euros. »

Voilà.

I love you. All of you. And Lulu.

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