J’avais oublié…

Image

Il y a deux ans, j’avais photographié ce couple. Enlacés et immobiles, le mouvement mécanique de l’escalator qui les descendait vers le quai leur donnait une allure d’éternité. 

J’avais envie de partager cet immobilisme romantique avec vous. 

La photo a été faite avec mon fidèle IPhone. 

I love you. All of you. And Lulu. 

Bravo, les gars, la rentrée s’annonce plutôt pas mal !

Il est 9h12. Ma tendre Lulu et moi sommes sur le quai de la gare, attendant notre train. Ma belle est belle – je ne peux pas m’empêcher de l’écrire – je souris aussi bêtement qu’un jeune tourtereau. Tout va bien.

20130820-092649.jpg

Soudain, une voix fatiguée se fait entendre à travers les hauts parleurs de la gare :

-« Mesdames et messieurs, le train initialement prévu à 9h13 est supprimé suite à une mauvaise gestion du personnel roulant. En conséquence, le prochain départ aura lieu à 9h43. »

Voilà, prends ça dans les dents. Ne dis rien, sois un pauvre con de voyageur, subis nos conneries de planning soigneusement mis en place pour nos vacances de fonctionnaires qui touchent encore leur prime de charbon et surtout, paye ton billet sans rien dire.

La rentrée se présente plutôt pas mal… Elle n’est pas encore là qu’on nous prend déjà pour ce que nous sommes pas : des pigeons. Voyageurs, malheureusement.

I love you. All of you. And Lulu.

Évidemment, si personne ne dit rien…

Ce matin, j’ai entendu à la radio que notre président de la république, du moins, le type qui a eu le boulot et qui ne sait pas trop par où commencer, pense qu’il n’est pas bon que le conseil Constitutionnel soit composé d’anciens présidents de la République. En se basant sur un rapport de modernisation de la vie politique française, rédigé par Lionel Jospin, grand moderniste s’il en est, notre Président veut donc proposer une réforme de cette habitude.

Voyez-vous, mes chers et fidèles amis lecteurs, je tenais a vous livrer cette réflexion à brûle pourpoint quand j’ai eu terminé d’analyser cette information capitale.

Je m’en fous. Mais à un point.

Tous les grands médias reprennent l’info, au point de la draper d’habits de la plus haute importance. Le président à dit que…

Je persiste et je signe : je m’en fous totalement. Parce que je ne sais pas ce que ça va changer dans ma vie quotidienne. Qu’il n’y ait plus d’anciens présidents au conseil constitutionnel va apporter quoi ?

Rien.

Il est maintenant un autre sujet qui concerne mon quotidien – et le vôtre aussi, je présume – dont le président n’osera même pas prononcer le nom.

Le gigantesque foutage de gueule de la SNCF.

Lire la suite

Il en faut pour tout le monde…

À la personne qui s’est engouffrée derrière moi, à la gare du RER de Chelles Gournay, pressée de franchir le portillon.
Vous êtes un homme assez grand et jeune, pas trop vilain de votre personne mais pourtant, votre visage ne reflète pas les signes d’une grande intelligence.

Parce que mon Navigo n’a pas été reconnu tout de suite par la machine de la RATP, il a fallu que je sorte celui ci de mon portefeuille, vous faisant perdre dix secondes de ce qui semble être votre précieux temps…

Vous avez pesté, imitant ainsi et plutôt bien, j’en conviens, les soupirs d’une locomotive à vapeur. Quand je vous ai gentiment fait remarquer que ce n’était pas grave et que de surcroît, vous n’aviez pas raté votre train – unique si j’en juge votre motivation à l’attraper – vous m’avez répondu par une théorie impressionnante sur la lenteur des gens, proportionnelle à la fréquence de planquer le Navigo dans un sac ou autre. Avant de conclure par un :  » Vous êtes chiant ! »

Cher monsieur, je vous répondrais que vous êtes un Con.

Un authentique, de pure race et malheureusement, un de ceux dont le type se répand de plus en plus.

Il y a peu de chances que vous lisiez ce blog, votre intellect apparemment limité ne vous le permettant sans doute pas.

Dommage, vous apprendre à réfléchir m’aurait fait plaisir. Parce que je maintiens ce que j’ai essayé de vous faire comprendre : tout cela n’est pas grave.

J’ai bien compris que vous perdiez votre vie a la gagner et malheureusement, vous n’êtes pas seul. Nous sommes une majorité dans votre cas. Est ce cependant une raison pour être désagréable et méprisant ? Non, je ne le pense pas.

Je suis maintenant désolé de vous avoir fait perdre votre temps. Quelques secondes, tout au plus. Mais, grâce à vous et votre mauvaise foi, j’ai compris pourquoi je devais continuer à faire ce que j’ai toujours fait.

Vous faire rire. Vous en avez sacrément besoin.

I love you. All of you. And Lulu.

Il y aura à manger

20120927-105142.jpg

Ah, mes chers amis lecteurs…

Il est des moments où la vie nous offre de savoureux moments de tendresse. Quand on les vit, on est en droit de penser que l’espèce humaine n’est peut être pas si mauvaise…

En regardant cette photo, vous êtes en droit de vous demander : -« Que se disent-ils ? »
Ne dites rien, je le sais. Du moins, je le devine. Votre curiosité légendaire vous trahira.
Ces braves gens montent avec moi dans le train qui roule sur Saint Lazare. Lui a les cheveux gras, des grosses mains aux ongles sales et mal coupés. Elle est beaucoup plus jeune, bien propre sur elle. Sa voix est haute et assez agréable.

L’homme laisse tomber :
-« Tout va bien. Il y a des steaks hachés dans le congélateur. »

Contrairement à ce que vous pourriez penser, cette phrase ne me fait pas sourire. Je sais qu’il est de plus en plus difficile de bien se nourrir. Néanmoins, j’écoute, comme ça, l’air de rien.

Elle répond :
– » Je viens d’acheter pour environ 70 euros de course. Non, non, ça ira. Tu as les pâtes au poulet. Des tomates farcies. Ah, il y aussi du boudin aux pommes pour demain soir. »
Elle secoue la tête :
« -Non, ça ira. »
Un ange passe alors. J’en profite pour sortir mon iPhone et commence à écrire ce billet. Car l’affaire est belle, vous me direz. Il parle de steaks hachés. Elle le gronde gentiment en lui parlant de boudin aux pommes. Pas la même chose. Il y a , comme qui dirait, du voyage.

Lui prend son téléphone et appelle quelqu’un quelque part. Une personne doit donc décrocher car il démarre aussi sec :
-« Ah non ! Tu nous attends ! Tu ne passes pas à table ! »
Petite note : il est onze heures du matin…
-« Tu nous attends ! Je t’ai acheté du pain frais.  »

Soixante dix euros de pain frais ?

Il raccroche. Reprend la conversation avec la jeune fille. Parle encore de bouffe. Mon vieux, même s’ils ont l’air fauchés, mieux vaut peut être les avoir en photo que de les inviter à dîner.

Nous voici arrivés à Bondy. Ils descendent du train. J’entends encore leur conversation. Elle va obéir au docteur qui lui a demandé de se mettre au régime pendant un mois. Et juste comme elle pose le pied sur le quai, elle conclut :
-« Le docteur à dit. J’obéis. Je boirai du Coca light Zéro. »

Voilà. Pas de boudin aux pommes, ni même de tomates farcies. Du Coca light zéro.

Mais qu’est ce que j’ai, moi ?

J’ai faim.

I love you. All of you. And Lulu

Bizarre…

Ah, mes chers amis lecteurs… Tout cela est très bizarre. Avez vous déjà, une fois, pris un TGV sans qu’il n’y ait personne dans le wagon ? Hein ? Seul, votre bagage posé à sa place vous rappelle que vous n’êtes pas en train de rêver…

Comme je connais votre mauvaise foi, et partant du principe qu’une information sans photo n’est pas crédible, j’ai immortalisé le moment.

20120922-102524.jpg

Hein ? C’est strange ? Ça ressemble à de la quatrième dimension bizarre, vous ne trouvez pas ?

Retour à la réalité : j’ai pris un autre train. Un de banlieue et pour le coup, il était loin d’être vide, celui-là.

20120922-103542.jpg

I love you. All of you. And Lulu.