La richesse du Coeur

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À chaque fois que je passe à proximité de ce virage bien sec d’une des nombreuses pistes cyclables de l’île de Ré, il me vient toujours un souvenir de Lulu. Une de ses phrases dont elle a le secret…

C’est d’ailleurs là le principe de la mémoire associative, une chanson ancienne nous rappelant souvent une ombre féminine.  Lire la suite

Yolande, ou la nostalgie magique des archives

Cloué par madame Saloperie de Grippe, et grâce à la magie pratique d’un NAS – si vous ne savez pas ce que c’est, ce n’est pas grave – je suis tombé sur cette photo de 2003. 

Yolande.

Évidemment, cela n’évoquera rien pour n’importe lequel d’entre vous. Mais si vous connaissiez Maisonneuve, ce tout petit village perdu dans le sud de l’Ardèche, à la limite du Gard, vous auriez un sourire nostalgique et chuchoteriez : – « Yolande… »
C’est en rendre visite à son meilleur ami de l’époque que mon grand-père tomba amoureux de ce coin sauvage. Ma grand-mère, si elle approuva la décision, ne la partagea pas forcément. Il lui fallait du macadam sous les talons. Pas des bouses de vache disséminées sur des chemins poussiéreux de rocaille. Jacques – mon grand-père – acheta la maison familiale dans les années 60, à l’époque où ce coin paumé de France vivait toujours au rythme de la traie des vaches et des fromages de chèvre. La terre était dure et sèche, comme ses habitants. Aller là-bas était un véritable voyage de plusieurs longues heures. En 1969, année de mes premières vacances à Maisonneuve, un seul habitant possédait le téléphone. Quand mon père appelait pour savoir comment je me portais, il lui fallait rappeler une heure après, le temps qu’on arrive. 

Yolande tenait l’épicerie du village. Tout le monde s’y retrouvait parce qu’avec le tabac de Gaston, c’était le seul endroit où le village aimait à se retrouver et causer. Ma sœur et moi adorions y aller pour les surprises étalées à côté de la caisse de l’épicière. Plus tard, ces cadeaux de pacotille emballées laisseront la place aux Chupa Chups qui, elles, resteront jusqu’à la fin. 

Pendant près de 40 ans, Yolande a tenu son épicerie, plantée derrière son comptoir, a nous demander ce que l’on voulait. Je n’ai pas oublié sa voix, puissante et matinée d’un bel accent ardéchois. Malgré l’arrivée des centres commerciaux, l’ouverture des ardéchois aux vacanciers d’abord et aux touristes ensuite, elle est restée fidèle à son poste. Certes, les prix y étaient plus chers qu’ailleurs. Mais le goût de la viande que Yolande vendait, pardon, ce n’était pas rien. L’ambiance était familiale et chaleureuse. On ne payait jamais chez cette femme. Elle notait scrupuleusement les factures de tout le monde sur un gros carnet noir. À la fin de chaque mois, chacun payait son dû. 

Yolande et son livre de comptes.

La commerçante et son épicerie ont traversé mon enfance, mon adolescence et mes premières années d’adulte. Même mes quatre gamins ont connu Yolande. Elle faisait partie de ce quotidien magique dont on se souvient avec nostalgie et tendresse. 
Un jour, Yolande a pris sa retraite. Elle a fermé l’épicerie et est rentrée chez elle. Il a fallu changer ses habitudes, aller au centre commercial, tellement fade à côté du bonjour rocailleux de Yolande. 

Une page s’est tournée. C’est la vie. L’épicerie est toujours là, avec ses rayons vides, nous invitant à la réouvrir. 

L’épicerie de Yolande


Finalement, Yolande est morte, de je ne sais quelle maladie. La dernière fois que je suis allé à Maisonneuve, j’ai remarqué que l’enseigne avait été retirée. Il n’y a plus marqué « Boucherie Charcuterie Alimentation« . Effacé. Terminé. Je n’achèterai plus jamais de Chupa Chups ni pour moi, ni pour les enfants. 

Les jours passent, je demeure, pour reprendre les mots de Pierre Bergé. Les jours passent, ils emmènent un peu plus de nos vies d’autrefois. 

Plus ça passe, plus ça fait mal. 

I love you. All of you. And Lulu. 

Froid dans le dos…

On dit que seules, les montagnes ne se rencontrent pas. Je vais finir par croire que c’est vrai. Je vais vous raconter comment ma route a croisé celle d’un assassin, aujourd’hui condamné pour trente ans, en prison.

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Les souvenirs, quand ça vous rattrape n’importe où…

Galerie

Cette galerie contient 2 photos.

« – Je vous l’offre ! » Me dit soudainement le patron du troc, découvrant la cassette vidéo que je tiens à la main. Ce n’est pas n’importe quelle cassette vidéo, c’est Eclats de Rire, un recueil de blagues racontées par Vincent. … Lire la suite

Jean-Luc est mort…

Jean-Luc Delarue nous a quitté cette nuit.

Il n’avait même pas cinquante ans. C’est jeune pour mourir, non ? Certains répondront que c’est la drogue qui est la cause de ce décès prématuré. Peut-être. Il n’empêche : 47 piges, c’est jeune.

Aujourd’hui, les médias rendent hommage à celui qui fut certainement un des animateurs les plus doués de sa génération, celle des années 90. Son joli visage, sa mise en plis impeccable et cette façon si particulière d’interviewer les gens l’ont propulsé au plus niveau très vite.

Trop vite, serais-je tenté de dire. Pourtant, ces mêmes médias, sous prétexte d’informer le public, ont descendu l’homme plus bas que terre en révélant de manière scabreuse son addiction à la drogue. Vous renchérirez, car vous aimez ça et vous le faîtes de manière systématique, que Jean-Luc Delarue était un homme de télé, déconnecté de la réalité et des gens. C’est votre droit de le penser. Maintenant, si vous le permettez, je voudrais vous raconter une anecdote. Elle parle de Jean-Luc Delarue, de l’homme qu’il était vraiment, avant que le drogue ne le rende fou et malade. Lire la suite

Souvenirs, souvenirs…

Vidéo

En 1994, c’est vous dire que c’est jeune, Merri et votre serviteur avions écrit un sketch : les copains d’avant. Nous l’avions joué chez Bouvard, au Pied à l’Etrier, avec Xavier Letourneur et Didier Caron.

Le pitch est basique : dix ans après, des potes se retrouvent. Les choses ont changé, ils ne sont plus les mêmes : thème éternel qui nous avait amusé. Nous l’avons beaucoup joué. Un peu partout, poussant la chose jusqu’à appeler notre quatuor Les Meilleurs. Si ce n’est pas modeste, ça…

Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis. Le groupe n’existe plus et nos chemins ne se sont depuis guère croisés, sauf avec Merri, avec et grâce à qui je remonte sur scène.

Mais le sketch existe encore grâce à une vidéo tournée pour le regretté Carré Blanc. Merri me l’a envoyée. Je suis heureux de vous la montrer. le son n’est pas numérique, quinze ans se sont passés. Et Philippe Urbain a remplacé Didier Caron, indisponible pour le tournage.

C’est pour vous, cadeau. Ne me remerciez pas, je vous en prie, vous allez me faire rougir. De toutes manières, c’est à Merri que reviennent les honneurs, ne pensez-vous pas ?

 

I love you. All of you. And Lulu.