Leçons de photo

Et ce n’est pas moi qui me le permettrait. Jean-François Vibert est un photographe reconnu, donnant des cours à des amateurs passionnés. À force d’observer ces derniers, le professeur a eu l’idée d’inventorier les défauts de ces derniers. On peut trouver le papier ici. C’est assez savoureux. Et drôle. Il y a un passage que j’ai énormément apprécié et que je tiens à reprendre. 

Arrêtez les photos de clochards (de loin) : c’est étonnant mais certains «street photographers» débutants ne peuvent s’empêcher de photographier les clochards. Les pauvres…

Jusqu’à les harceler ou presque. Oui, j’ai déjà vu ça… Cela me met très mal à l’aise : que ce soit « lâchement » de loin au 70-200 mm (au moins ils ne dérangent personne, mais ça n’a rien de glorieux, ni d’intéressant). Ou de près au 35 mm (comme les « grands maitres »), ce que je trouve encore plus indécent…

Ce n’est pas en photographiant la misère des sans abris de loin (même en noir et blanc avec un filtre) qu’on devient soudain « street photographer »… Et encore moins « photographe humaniste » : c’est juste nul et lâche…

Pour faire part de votre compassion, il n’est pas davantage nécessaire de « dramatiser » en forçant sur le curseur contraste, ou pire : en ajoutant une bonne dose de « Clarté » en post traitement (là j’ai carrément envie de vomir lorsqu’il y a trop de clarté sur un sujet sans intérêt)… Car tout ça est « bidon ».

Par contre si ce sujet vous intéresse, entrez en contact « vraiment » avec un sans abris, impliquez vous personnellement et partagez sa vie jours et nuits : pendant quelques semaines au minimum. On ne devrait pas être autorisé à photographier la misère, sans un minimum d’implication personnelle…

Et surtout, demandez-lui son accord, pour photographier sa vie. A cette seule condition, votre témoignage et le sien, vaudront éventuellement le coup. La photo humaniste c’est ça. Et ça ne rigole pas : ce n’est pas une partie de plaisir…

Mais putain ! Pardonnez-moi l’expression, c’est tellement vrai. Photographier la rue ne veut pas dire photographier les gens misérables, en fracture. Et leur honneur ? 

Sans parler de décence et de pudeur… 

Où que ce soit dans le monde, je demande toujours à mes futurs sujets si je peux les photographier. Il faut passer par dessus sa timidité, vaincre sa réserve naturelle. Vibert a raison quand il parle d’immersion. Photographier quelqu’un, c’est raconter l’histoire de cette personne. Certainement pas voler son image. 

De plus, parler de la misère ne fait pas rêver. Si c’était le cas, ca se saurait. Des couleurs, des gens souriants, des regards bienveillants, c’est chouette et tendre. 

C’est très simple. Montrez une photo misérabiliste et une photo joyeuse à une femme. Elle achètera la seconde et hurlera sur la première. 

Et croyez-moi, en hurlements de femme, je m’y connais. 😉

I love you. All of you. And Lulu. 

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