Justice divine

Pour une fois, mes chers et fidèles amis lecteurs… Pour une fois que la Justice Divine se manifeste en temps et en heure. Mais que je vous raconte l’histoire.

Jeudi matin, j’ai rendez-vous avec une cliente pour photographier une ligne d’accessoires de mode. Pour le coup, je vous prie de me croire, le Vautier était chargé jusqu’à la gueule. Un gros sac à dos avec un boîtier et des objectifs, un imposant sac de voyage pour tous les accessoires de lumière. Bref, je ressemblais plus à un sherpa qu’à un joli photographe sémillant. Vous voyez le topo ?J’arrive à la station Saint Lazare, ligne 13. Il est huit heures du matin. C’est blindé de monde. Je ne rentrerai jamais dans une rame chargée comme elle est et chargé comme je le suis. Je laisse passer un premier train. Le second arrive deux minutes plus tard. Je peux y aller. Je me faufile avec mon chargement. Quelqu’un me pousse sur le côté, jouant des épaules, voulant passer en priorité. Je lève les yeux et découvre un gamin de dix huit balais, noyé dans sa musique sortant par des écouteurs collés à ses oreilles, au jean moulant ses fesses dont j’aperçois – c’est vrai que c’est à la mode – la raie, entrant dans le wagon. Le gamin, hein, pas la raie.

Je râle. Ça va ? Je lui demande. Il ne me regarde pas, tourne a peine la tête et me jette un sifflement de banlieue.

Tsss.

Vous voyez ?

La rage que ça me met. Mais je n’ai pas le temps de réfléchir. Un objet tombe sur mon pied droit, stoppant net mes pensées agressives sur les gosses mal élevés. Je me penche et voit un joli téléphone portable, de marque Sony Ericsson. Je le prends. Le planque dans ma main. Non, non, je ne veux pas le voler. Loin de moi cette idée. Je me dis juste qu’il me suffira d’attendre quelques secondes pour voir une tête affolée chercher par terre. Après ce fâcheux intermède, cela me fera le plus grand bien.

De fait, il ne me faudra patienter guère longtemps pour voir quelqu’un s’agiter. La personne se faufile tant qu’elle peut entré les gens, essaye de regarder sur le sol. Mais va chercher un téléphone parmi des millions de paires de chaussures…

Moi, vous savez quoi ? Je jubile. Car le malheureux à avoir perdu son téléphone, c’est le sale gosse qui m’a poussé dans les pâquerettes.

A mon tour. Je siffle.

Tsss.

Il lève la tête, surpris et méfiant. Je lui désigne le téléphone et enchaîne :
« – On a l’air con, hein ? »
Il bougonne un merci très vague, s’empare de son bien et va se cacher dans le fond du wagon. Je suis tellement content. D’abord parce que la Justice Divine a fait entendre le son de sa trompette victorieuse et aussi…

Aussi, parce que je devine des dizaines de sourires autour de moi, appartenant certainement à des gens bousculés comme moi et témoins de la scène.

La journée commence tellement bien.

Je sens que je vais faire de belles photos.

I love you. All of you. And Lulu.

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2 réflexions au sujet de « Justice divine »

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