Bonne fête, papa. Où que tu sois…

Patrice à 20 ans.

Seul, un de mes quatre enfants y a pensé. Tout du moins, pour l’instant. Mais je ne t’ai pas oublié, mon vieux. Comment le pourrais-je ? C’est que tu en as pris de la place pendant mes quarante premières années.

Aujourd’hui que tu as tiré ta révérence depuis près de dix ans, il n’y a pas un jour où je ne pense pas à toi. Rassure-toi, je souris toujours quand ton souvenir inonde ma mémoire. Je te pose des questions et j’ai toujours l’impression que tu y réponds.

Tu me manques tous les jours un peu plus. Ainsi va la vie.

Il arrive que tu sois dans mes rêves où tu es habillé dans un très beau costume de flanelle gris. Un Borsalino est vissé sur ta tête. Je m’étonne que tu sois là, te le fais remarquer.

-"Mais papa, tu es mort !"
Ce à quoi tu réponds par un :
-"Oh, Gilles, n’en fais pas toute une histoire…

Le lendemain matin, quand je me réveille, j’ai cette douce sensation que tu es passé me rendre visite.

Depuis ton départ, il s’est passé beaucoup de choses. De l’eau à coulé sous les ponts pour reprendre ton expression. Arthur est en médecine et a 21 ans. C’est un bon gamin, un peu chiant mais il a notre caractère. Tu imagine l’ambiance qu’il peut y avoir…

Nicolas a 20 ans dans un mois. Il n’a pas trouvé sa voie. Ce serait bien que tu l’aides, où que tu sois.

Julie veut devenir chanteuse de comédie musicale et pour travailler, veut démarrer des études de journalisme. Tu te rends compte ? Elle marche sur tes traces ! Tu dois être fier, non ? Ta petite fille est belle et intelligente. Comme toi, elle a un cœur d’artichaut. Mais elle est forte et franche, ce qui n’a pas toujours été ton cas, hey ?

Et Tom va beaucoup mieux. Il est fin et grand, beau et sensible. Il veut être directeur exécutif de jeu vidéo. Je ne sais pas vraiment ce que ça veut dire mais mon petit bonhomme y tient beaucoup.

Tu ne connais pas Lucie. C’est dommage, tu l’aurais adorée. Petit bout de bonne femme qui tient tête au monde entier, s’il le faut, parce qu’elle fait semblant de n’avoir peur de rien.
Nous avons beaucoup de points communs.

Voilà pour les nouvelles. Et toi ? Tu dors bien ? Tu te reposes enfin ? Tiens moi au courant. On ne sait jamais. Malin comme tu es, tu trouveras bien un moyen.

Bonne fête, papa.

Je t’aime encore et toujours.

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